La résistance en Loire inférieure

Les débuts de la résistance

La résistance fut au début constituée par des réactions individuelles, des actes de refus de l'occupation symbolique ou plus important comme des sabotages et destruction de matériel militaire. La résistance passive se crée aussi avec le port des couleurs françaises représentées par différents vêtements (robe bleue, chemisier blanc et veste rouge) et autres moyens. La répression est violente et malheureusement efficace du fait de la faible connaissance des règles de résistance.

 

La résistance:

La résistance est composée de deux parties majoritaires, le réseau action et le réseau renseignement, tout ceci pour éviter que la chute d'un des groupes d'un des réseaux ne fasse tomber les autres. Ce premier principe est compliqué à maintenir en place, les membres d'un réseau ne devant en aucun cas déclarer leur rattachement à un autre réseau même s'ils le rejoignent.

Le deuxième principe de constitution de la résistance est la politique. Les groupes d'obédience communiste ont l'interdiction d'agir contre l'occupant allemand jusqu’à l'attaque de l'URSS par l'Allemagne le 22 juin 1941, ceci n'est pas vrai pour tous comme nous l'avons vu. Après le 22 juin 1941, les ordres sont d'harceler l'occupant partout en France. Ceci entraîne la constitution des groupes Franc Tireurs et Partisans (FTP).

L'action contre les troupes occupantes entraîne des réactions brutales de l'armée allemande.

Ces actions ont autant comme but de bloquer des troupes allemandes hors du Front de l'Est que d'agir comme un catalyseur de la population civile non encore hostile contre l'occupant. A côté de cela se sont constitués de nombreux groupes de résistance d'obédiences politique différentes mais qui reconnaissent l'autorité du Général De Gaulle et se regroupent dans les rangs des Forces Françaises de l'Intérieur (FFI). Les FTP sont censés intégrer les FFI mais dans les faits des divergences politiques portant sur l'après conflit font que leur intégration n'est jamais complète.

 

Il est important de noter que certains résistants ne trouvant pas de groupe de leur bord politique rejoignent les groupes de résistants présents, des communistes dans des groupes de droite ou de gauche (SFIO équivalent du PS actuel) et des non communistes dans les FTP. Ceci prouve, si l'en est besoin, que la majorité des résistants étaient là en premier lieux pour lutter contre les occupants.

Les débuts de la résistance en Loire Inférieure :

Les débuts de la résistance en Loire Inférieure furent comme partout en France le fruit du hasard et des rencontres.

 

Suite à la défaite et l'armistice du 17 juin 1940, 1,5millions de soldats Français sont prisonniers dont 35000 en Loire Inférieur, réparties dans les camps de prisonnier de Bouguenais, Savenay, Châteaubriant ainsi qu'à Nantes. 

Le Comité d'Entraide des Anciens Combattants que dirige Léon Jost, grand invalide de 14-18 crée un réseau d'évasion de prisonniers. Ce réseau fourni les faux papiers et organise le passage de la ligne de démarcation. Les principaux responsables du réseau furent arrêtés en janvier 1941 et exécutés le 22 octobre 1941 dans le groupe des 50 otages.

En juillet 1940, le frère des écoles catholique Jean-Baptiste Legeay rejoint le réseau de renseignement organisé par Mme De Bondy, il fut déplacé en côte d'Armor lorsqu'il fut menacé par les occupants. Ce réseau fournit aux services secrets anglais des données importantes sur l'implantation des unités allemandes dans le département.

Pierre Le Rolland, Luc, Yves et Pierre Béliard, Alice Praud, Julia et Alberte Martin et Élizabeth Cordunet, suivent le général De Gaulle dans son appel à résister en commençant par distribuer des petits tracts invitant les Nantais à porter une cocarde tricolore le 11 novembre 1940. Suite à quoi ils décidèrent de faire paraître à Nantes, un des tous premiers journaux clandestins " En Captivité".

 

Le premier numéro sort le 24 novembre 1940, dactylographié. Il est tapé le dimanche chez les sœurs MARTIN ou chez Alice Praud. La plus part des informations proviennent des émissions de la BBC.

Ce journal est d'obédience Chrétien/ Gaulliste. "En captivité" fut édité à 35 numéros pendant huit mois, jusqu'au 27 juillet 1941, il est recopié par de nombreux lecteurs et diffusé dans de nombreuses villes bretonnes (Rennes, Vannes, Brest Quimper, Saint Brieuc,…). Il est envoyé à l'Evêché, à la préfecture et même la Feldkommandatur, il est aussi lu par les ouvriers des chantiers de la Loire. Sa devise est une citation de Foch " On n'est vaincu que lorsqu'on s'avoue vaincu". Le Groupe se divisa en juillet 1941 pour éviter d'être arrêté. Julia et Alberte Martin, Élizabeth Cordunet et Yves Belliard furent arrêtés et seront condamnés à 6 mois d'internement au Fort du Hâ, à Bordeaux, pour avoir participé à ce journal. Yves Belliard décéda des suites des mauvais traitements peu après sa sortie de prison. 

D'autres actes de résistance eurent lieu : coupures des câbles de communication, le 11 novembre 1940 pour célébrer l'anniversaire de l'armistice de 1918, deux étudiants, Michel Dabat et Christian De Mondragon, accrochèrent un drapeau tricolore au paratonnerre de la Cathédrale Saint-Pierre de Nantes. Les allemands furieux durent réquisitionner le camion échelle des pompiers pour le décrocher. Cet acte fut repris par la BBC, le soir même dans ses émissions "comme un acte de résistance". Ils furent arrêtés pour d'autres faits de résistances. Alors que Christian De Mondragon fut libéré au bout de peu de temps en raison de son âge, Michel Dabat fut fusillé à Châteaubriant parmi les "50 otages".

 

En réaction, l’occupant impose des amendes à la ville et des restrictions à la population.

 

A partir de l'été 1940, Marcel Hévin, dessinateur de la SNCF collecte des renseignements à Nantes avec deux autres Nantais qui eux se chargent des installations des Côtes du Nord. Suite aux manifestations du 11 novembre 1940, il prend la tête d'un groupe de jeunes nantais constituant un réseau très actif, mais mélangeant les activités de résistance et augmentant ainsi les risques. Le groupe de Hévin s'appelle "Le réseau Patt" et s'occupe de faire évader des soldats anglais, il y en eu cinq en tout. Ralph Goldney fut le premier à être évacué sur l'Angleterre, c'était un soldat des services de renseignement anglais hospitalisé à Nantes, deux autres soldats furent des aviateurs recueillis à Lanvallon. La chaîne d'évasion fut établie du Goëlo vers Nantes. André Barrault, un agent de l'Abwher (service de contrespionnage allemand) infiltre le groupe Veper qui est en relation avec le réseau Patt, et fait tomber le réseau petit à petit. Marcel Hévin est arrêté le 25 avril 1941 sur son lieu de travail. Il bénéficia d'un non-lieu mais il fut tout de même fusillé, avec deux de ses compagnons, au Mont Valérien après l'attentat sur le commandant Hotz. Le reste du réseau nantais et sa branche des Côtes du Nord sont démantelés en novembre 1941, 28 résistants bretons sont jugés à Paris à l'été 1942, trois femmes sont condamnées à mort et les hommes sont décapités (dont Legeay), les autres sont pour la plus part déportés.

La résistance s'organise:

L'organisation de la résistance se fait avec le soutien des services de renseignements Français Libre de Londres qui envoyèrent le21 décembre 1940, Le capitaine de corvette D'ESTIENNE D'ORVES.

Il créa le réseau de renseignement Nemrod à Nantes, il établit le 25 décembre la première liaison avec Londres. Il fut arrêté le 22 janvier 1941 et exécuté le 29 août 1941. 

Monument en l'honneur de Marin POIRIER, à Doulon
Monument en l'honneur de Marin POIRIER, à Doulon

Le 16 décembre le groupe Bocq-Adam a mis le feu à un dépôt de camion chargé de pneus neufs, sur l'Hippodrome du Petit-Port. Le 26 décembre 1940, il dynamite le Soldatenheim, (foyer des soldats allemands) de la place Royale (ex-magasin "Au Petit Paris" tenu par des personnes de confession israélite), réquisitionné par l’armée allemande. Les dégâts sont peu importants. Le groupe est composé de Marin Poirier, Maurice Tattevin, Paul Bocq et Henri Adam. Le 15 janvier 1941, la Geheimfeldpolizei (GFP) (contrespionnage allemand) arrêta une grande partie du réseau, Marin Poirier fut arrêté le lendemain dans une arrière salle du café du "Cycle" rue de la Fosse à Nantes, où il recevait les candidats au passage en zone libre. Jugé le 15 juillet 1941,Marin Poirier fut condamné à 4 ans et demi de  prison, peine plus lourde que celle de ses 

 

camarades. Il fit appel de cette décision et le 27 août 1941, il fut condamné, à la peine de mort. Il a été fusillé le 30 août 1941, au stand de tir du Bêle près de Nantes. Il est considéré comme le premier fusillé de Loire Inférieure.

Les premiers à réagir de façon complètement organisée sont les communistes car ils sont illégaux depuis le 26 août 1939 suite à la signature du pacte germano soviétique le 23 août 1939. Le 17 juin 1940, Charles Tillon, dirigeant communiste d'origine bretonne, rédigea à Bordeaux, un appel à "la lutte de libération nationale " A Nantes, un appel allant dans le même sens rédigé par Auguste Havez et est diffusé à 2 000 exemplaires dans les usines. Marcel Paul arriva fin juin 1940 pour réorganiser les communistes dans l'Ouest de la France. Il fut remplacé ensuite par Venise Gosnat de Nantes.

 

Des membres de l’Organisation Spéciale (branche armée du PCF) composé de Gilbert BRUSTLEINET, Spartaco GUISCO ancien des brigades international et le très jeune Marcel BOURDARIAS, sont envoyés de Paris pour mener des opérations sur Nantes. 

 

Le lundi 20 octobre 1941, GUISCO et BRUSTLEINET partent vers le centre-ville pour exécuter un officier allemand le plus gradé possible. A 7h30 ils arrivent devant la cathédrale de Nantes à côté de la Kommandantur. Là, ils trouvent deux officiers allemands, un Lieutenant-Colonel et un Capitaine.

Le 11 novembre 1941, le général DE GAULLE décore la commune de Nantes "Compagnon de la Libération", faisant d'elle la première des cinq communes décorées de la Croix de la Libération "Ville héroïque qui, depuis le crime de la capitulation, a opposé une résistance acharnée à toute forme de collaboration avec l'ennemi. Occupée par les troupes allemandes et soumise aux plus dures mesures d'oppression, a donné aux Français, par de nombreuses actions individuelles et collectives, un magnifique exemple de courage et de fidélité. Par le sang de ses enfants martyrs, vient d'attester devant le monde entier la volonté française de libération nationale."

 

Croix de la Libération


Gilbert Renault alias Colonel Rémy
Gilbert Renault alias Colonel Rémy

Dans le même temps le réseau Confrérie Notre Dame du Colonel Rémy a développé une branche en Loire Inférieure, le "réseau Fillette". Ce réseau est constitué de 51 agents dont Josette Bocq femme du lieutenant Paul Bocq, fondateur avec Henri Adam du groupe de résistance Bocq-Adam et mère de 5 enfants. Elle fut arrêtée le 1er novembre 1941 après avoir été dénoncé, déportée, elle est exécutée à Bergen-Belsen le 11 avril 1945. Ce réseau envoya des rapports sur les résultats de l'opération "Chariot" réalisé à St Nazaire dans la nuit du 28 au 29 mars 1942. La résistance permit à 5 soldats anglais de s'évader de France après cette opération.

La résistance en Loire Inférieure se compose aussi d'espagnols, ancien républicains immigrés suite à la guerre d'Espagne. Nombre d'entre eux ont été regroupés pour construire le mur de l'Atlantique, une centaine d'entre eux se trouve répartie dans Nantes. Les services de la Police vichyssoise les surveille, ils arrêtèrent les deux premiers à la gare de Nantes alors qu'ils réceptionnaient des journaux de la centrale du parti communiste parisien. Suite à cela il fut procédé entre juin et novembre 1942, à l'arrestation de 86 autres républicains espagnols décapitant ainsi l'organisation clandestine du Parti Communiste Espagnol en France. Cinq de ses hommes restèrent emprisonnés à Nantes, ils furent jugés dans le procès dit des "42", les autres furent jugés à Paris et envoyés en déportation.

Deux groupes de résistants Communistes se sont constitués à Rezé, ils sont dirigés par Maurice Lagathu et Félicien Thomazeau, âgés de 22 ans et réunissent de nombreux autres jeunes qui furent entraînés par les républicains espagnols.

Du 14 décembre 1941 au 16 mai 1942, ces jeunes de l'Organisation Spéciale (OS) firent sauter un camion allemand rue Alsace-Lorraine, sabotèrent des pylônes électriques et poteaux télégraphiques au Moulin-à-l’Huile et aux Trois-Moulins et endommagèrent les rails de la ligne de chemin de fer Nantes-Pornic Pour finir par tenter, sans y arrriver, d'exécuter le colonel Poiron, collaborationniste de Pont-Rousseau, le 16 mai 1942. Suite à cela les autorités allemandes et Vichyssoises envoient, en juin 1942, le Service de police anticommuniste. Il traque et arrête 143 communistes durant l'été qui s'en suivit.

Les allemands organisent du 15 au 28 janvier 1943 le procès de 43 hommes et 2 femmes à Nantes. Ce procès est une mise en scène, les accusés sont amenés enchaînés, les murs du tribunal de Nantes sont pavoisés aux couleurs allemandes, la cour martiale est présidée par le Dr Hanschmann, le procureur étant le Dr Gottloeb. Les seules personnes acceptées dans la salle sont les avocats des prévenus (Guineaudeau, Lerat, Lauriot, Mouquin et Pascal, aidés du traducteur Duméril), qui n'ont pu rencontrer leurs clients avant le procès, et quelques officiels et des journalistes de la presse collaborationniste. Une grande partie des entretiens se fait en allemand et le réquisitoire n’est pas traduit aux accusés. 37 des accusés sont condamnés à mort comme des « francs-tireurs » 3 autres inculpés sont condamnés à diverses peines de prison pour vol, 3 autres sont acquittés, faute de preuves, mais deux d’entre-eux sont tout de même déportés (Roger Guédon et Ernest Le Goff).

Le jugement des 2 femmes est reporté pour complément d'enquête, elles furent déportées et condamnées à mort ultérieurement.

"Le Phare"  du 23 janvier 1943
"Le Phare" du 23 janvier 1943

Suite à la destruction de l'organisation de l'OS de Loire Inférieure, la réorganisation d'un nouveau groupe de l'OS est réalisée dès l'automne 1942, ceci fut fait dès novembre. Le 14 novembre 1942, les Francs-Tireurs et Partisans attaquent soldatenkino (cinéma réservé aux soldats allemands) "Appolo" faisant un mort et plusieurs blessés graves parmi les soldats allemands présents. Ils réalisèrent d'autres opérations en deux mois, mais le nouveau groupe fut à son tour identifié et détruit. Seize FTP furent jugés par les allemands, cette fois ci sans avocat le 13 août 1943. Treize d'entre eux furent fusillés les 25 août et 20 novembre au champ de tir du Bêle à Nantes, les trois autres furent déportés.

Début 1944 il existe une antenne locale du réseau Buckmaster-Oscar (appelé aussi groupe Letertre). L'antenne de Châteaubriant dépend de la centrale située à Rennes. Elle est dirigée par Bernard Dubois (alias BONZO, alias André BERNARD) jeune universitaire d'une vingtaine d'année.

 

Il réussit trois parachutages d'armes, mais une dénonciation ayant eu lieu en novembre 1943, désorganise les activités de ce groupe.

Les maquis en Loire Inférieure

Les maquis sont des regroupements de personnes qui sont souvent dans l'illégalité (réfractaire du STO, recherché pour faits de résistance, déserteurs de l'armée allemande,…). Ils recherchent au maximum le couvert d'une forêt voir l'installation dans un point difficile d'accès. La géographie du département se prête difficilement à ce genre d'exercice, il existe cependant 2 grands maquis en Loire Inférieure, le maquis de Teillay et le maquis de Saffré.

Le maquis de Teillay: 

 

Il se trouve à cheval sur le département de l'Ille et vilaine et de Loire Inférieure, il fut créé par Georges LAURENT responsable du groupe des Jeunesses Ouvrières Chrétienne de Châteaubriant-Segré. Son groupe s'entraine au tir au revolver (trouvé sur la route) et au fusil mitrailleur (récupéré lors de la débâcle de 40) dans l'étang de Vioreau. Le maquis regroupe, 84 maquisards dans la forêt de Teillay (d'une superficie de 2 500 ha). L'armement se compose d'un revolver, de deux pistolets, deux pistolets mitrailleurs et trois fusils de guerre datant de 14/18 réparé par le forgeron de Teillay. Sur ordre de Londres, le maquis rejoint celui Saffré dans la nuit du 16 au 17 juin 1944.

Le maquis de Saffré:

En 1943, 18 maquis se constituent nord Loire, en Loire Inférieure (La Maison Rouge , les Touches, Rougé, Châteaubriant, forêt de Teillay, Nozay, Saffré, Nort-sur-Erdre, Blain, Guéméné-Penfao, Héric, Bouvron, Joué-sur-Erdre, Fay-de-Bretagne, Saint-Emilien-de-Blain, Notre-Dame-des-Landes, La Chevallerais, La Meilleraye-de-Bretagne), et dépendent du maquis de Saffré. Huit de ses maquis dépendent du commandant YACCO (Briac LE DIOURON), qui est aussi un des adjoints du chef de l'Armée Secrète de l'Ouest (Général AUDIBERT).

A ce titre, il détient une copie des consignes données par PARIS en cas de débarquement, cela lui permit d'aller demander des parachutages pour Saffré au Maquis de Saint-Marcel. 

Le maquis regroupe 310 hommes composé de 160 hommes à la "ferme des Brées" servant de PC, 110 hommes du "pas du Houx", "La Volante" (20 hommes) chargée de la sécurité et 20 aviateurs récupérés. Ils sont armés seulement de 60 armes composées de 11 fusils mitrailleurs, 24 pistolets mitrailleurs, une caisse de 35 grenades, le reste étant composé de fusil anglais, de fusil de chasse et de pistolets. 

Malgré un encadrement de qualité du maquis, de nombreuses erreurs sont commises : le 27 juin, deux miliciens viennent voir l'ébéniste de La Meilleraye en se présentant comme étant des maquisards en panne d'essence et obtiennent l'adresse de la ferme des Brées.

Le lendemain 1500 soldats allemands aidés de 600 miliciens attaquent en encerclant le maquis de Saffré. Ils utilisent entre autre un canon de 37mm. Les hommes armés sont désignés pour retarder l'ennemi pendant que les autres doivent fuir. Cette fuite est réalisée grâce à deux erreurs allemandes :

- Un convoi allemand se dirigeant vers "Le Pavillon" au Nord-Est de la forêt s'égare et prend la direction inverse, vers Joué sur Erdre.

 

- Un autre convoi qui devait se positionner au Nord-Ouest de la forêt, se perd sur la route "Saffré-Abbaretz", s'arrête au lieu-dit "La Maillère". Un officier descend et va demander son chemin à Monsieur Bommé, qui lui indiqua le chemin d'Abbaretz à l'opposé de la forêt.

Monument du maquis de Saffré
Monument du maquis de Saffré

Au maquis, après 2 heures de combat, 4 hommes sont tués au combat et 9 autres sont exécutés puis rendus impossibles à identifier. Le combat mené par les résistants appuyés par Onze avions mosquitos intervenant après les combats, suite à un appel de patriotes, fait environ 180 morts et environ au tant de blessés du côté des forces allemandes. Le bilan s'alourdit du côté des résistants de 29 condamnés à mort et 29 condamnés à la déportation. Les survivants de ce maquis ont participés à l'encerclement de la poche de St Nazaire.

Sur le secteur guérandais, le responsable de la résistance est Jean de Neyman, il réalise de nombreux coup de main contre les allemands. Suite à l'assistance apportée à deux déserteurs allemands, il est arrêté à St Molf dans la ferme, qui sert de quartier général, à Kermichel. Il fut fusillé le 2 septembre 1944.

Le 25 juin 1944, les allemands donnent l’ordre aux gendarmes et officiers du Morbihan de se regrouper à Vannes. Les gendarmes de La Roche Bernard refusent de se soumettre et créent un maquis sous le commandement de l’adjudant-chef Le Diagon, auquel viennent se joindre six parachutistes français et des civils locaux. Ce groupement atteint le nombre de 60 hommes, le PC est à St Cyr en Nivillac.

Le 5 août, ils font une reconnaissance dans le nord de la Vilaine, ils découvrent à cette occasion que les américains ont reculé pour assiéger les allemands qui se fortifient. Suite à cela l’adjudant-chef Le Diagon décide la dispersion de l’unité et de cacher les armes. Les jeunes locaux sont requis par les allemands pour réaliser des fortifications, pour éviter cela aux jeunes de la section d’entre eux traversent la vilaine pour former une demi-section sous le commandement du gendarme Hermery.

 

Quelques jours plus tard, lors d’une patrouille, les allemands capturent deux FFI en civil à Foleux, en réaction l’adjudant-chef Le Diagon fait parvenir une lettre au capitaine allemand commandant la compagnie de Bodeuc-en-Nivillac. Il lui demande de traiter les deux FFI capturés sans uniforme comme prisonnier de guerre «  sinon les prisonniers allemands qui tomberont entre nos mains subiront le même sort que vous aurez réservé aux nôtres ». Huit jours plus tard en réponse, le commandement allemand fait publier et afficher « Les hommes combattant devant les lignes allemandes habillés soit en bleu de chauffe soit en kaki seront dorénavant considérés comme faisant partie d’une armée régulière. Ceux, combattant derrière nos lignes dans le même habillement seront considérés comme terroristes et traités comme tels » ce fut la première reconnaissance de la résistance par l’état-major allemand.